Le début d’année n’a pas démarré aussi fort que prévu pour BYD. Malgré son statut de poids lourd mondial du véhicule électrifié, le constructeur chinois enregistre un recul marqué de ses ventes en janvier, dans un contexte plus tendu pour l’ensemble du secteur automobile.
Les chiffres publiés montrent une vraie rupture de rythme. BYD a écoulé un peu plus de 210 000 véhicules électrifiés sur le mois, soit une baisse d’environ 30 % par rapport à janvier de l’an dernier. Comparé à décembre, le recul est encore plus brutal, avec une division par deux en seulement un mois. Un signal qui rappelle que même les leaders ne sont pas immunisés contre les cycles du marché, la saisonnalité et les périodes de ralentissement économique.
Comme souvent chez BYD, les voitures particulières concentrent l’essentiel des volumes, mais aussi l’essentiel de la baisse. Plus de 205 000 modèles électrifiés destinés aux particuliers ont été vendus en janvier, en net retrait sur un an comme sur un mois. Derrière ce chiffre global, les deux grandes motorisations qui font la force du groupe sont toutes les deux sous pression.
Véhicules électriques et hybrides rechargeables en repli simultané
Sur le segment 100 % électrique, BYD a livré un peu plus de 83 000 modèles en janvier. Cela représente une baisse d’environ un tiers par rapport à l’an dernier, et surtout un plongeon de plus de 56 % par rapport à décembre. Un tel décrochage mensuel n’est pas anodin. Il traduit à la fois un effet saisonnier très marqué, fréquent en Chine en début d’année, mais aussi une demande plus hésitante dans un marché devenu extrêmement concurrentiel.
Les hybrides rechargeables, autre pilier de la stratégie BYD, ne s’en sortent pas beaucoup mieux. Un peu plus de 122 000 unités ont été écoulées, en recul de près de 29 % sur un an. C’est surtout la continuité de la tendance qui interpelle : cela fait désormais dix mois consécutifs que ce segment recule en rythme annuel. Sur un mois, la chute dépasse les 45 %.
Ce glissement progressif pourrait signaler plusieurs choses à la fois. D’un côté, une partie des acheteurs pourrait basculer directement vers le 100 % électrique, de plus en plus accessible en prix et en autonomie. De l’autre, la pression concurrentielle est devenue intense, avec une multiplication des offres hybrides rechargeables chez les marques chinoises comme étrangères.
Dans ce paysage plutôt morose, le segment des véhicules utilitaires et commerciaux électrifiés fait figure d’exception relative. En janvier, BYD en a vendu un peu plus de 4 500, en hausse d’environ 11 % sur un an. La dynamique reste positive sur douze mois, même si elle ralentit par rapport à décembre, avec un recul proche de 19 % en rythme mensuel.
Ce volume reste modeste comparé aux voitures particulières, mais sa meilleure résistance pourrait devenir stratégique à moyen terme. Si la demande des particuliers continue de se tasser, les flottes professionnelles et les usages logistiques électrifiés pourraient offrir un relais de croissance plus stable.
On observe déjà ce phénomène dans plusieurs régions du monde, où les utilitaires électriques progressent souvent plus régulièrement que les voitures grand public.
L’international amortit le choc, mais ne l’efface pas
Là où BYD continue d’afficher une vraie solidité, c’est à l’export. En janvier, plus de 100 000 véhicules électrifiés ont été vendus hors de Chine, soit une hausse de plus de 50 % sur un an. Une performance qui confirme l’accélération de la stratégie internationale du groupe, en Europe, en Amérique latine, en Asie du Sud-Est et désormais sur plusieurs marchés émergents.
En revanche, même à l’international, la dynamique n’est pas totalement linéaire. Par rapport à décembre, les exportations reculent d’environ 25 %. Là encore, la saisonnalité joue probablement un rôle important, mais cela rappelle que la demande mondiale n’est pas exempte de ralentissements ponctuels.
Reste que, sur un an, la croissance hors Chine compense une partie de la faiblesse domestique. Sans cette expansion rapide à l’étranger, le coup de frein de janvier aurait été bien plus visible dans les résultats globaux.
Cela étant, que la concurrence ne se frotte pas trop vite les mains, car ce début d’année compliqué ne remet pas en cause la position dominante de BYD dans l’écosystème électrique mondial. Cela montre surtout que les consommateurs comparent davantage, les promotions se multiplient, les marges se tendent, et les volumes deviennent plus sensibles à la conjoncture économique. Même les géants doivent désormais composer avec des cycles de ralentissement.