La masterclass électrique de Ferrari : la marque légendaire dévoile sa botte secrète pour convertir ses clients à l’électrique

Ferrari avance pas à pas sur le terrain de l’électrique, et soigne clairement la mise en scène. La marque de Maranello vient de lever un coin du voile sur l’habitacle de son tout premier modèle 100 % électrique.

Un intérieur qui tranche nettement avec ce que Ferrari produit depuis plusieurs décennies, au point de désarçonner même les observateurs les plus aguerris. Son nom est désormais officiel : Luce, un mot italien qui signifie « lumière ». Un choix qui n’a rien d’anodin au moment où Ferrari tente d’éclairer le chemin vers une nouvelle ère technologique, sans renier son ADN.

Le constructeur semble vouloir dire à ses clients historiques que cette Ferrari électrique ne sera ni une déclinaison tiède, ni une imitation de ce qui existe déjà. À l’extérieur comme à l’intérieur, Luce est déjà un objet à part, pensé pour provoquer la discussion, voire la controverse. Et sur ce point, Ferrari sait très bien ce qu’elle fait.

Un intérieur rétro-futuriste, entre héritage des années 1960 et influence Apple

Le premier choc visuel vient de l’inspiration revendiquée. L’habitacle de la Ferrari Luce puise ouvertement dans les formes des années 1960, tout en assumant une filiation beaucoup plus contemporaine : celle du design Apple. Le lien n’est pas symbolique. L’intérieur a été conçu en collaboration avec LoveFrom, un collectif de designers fondé par Jony Ive, ancien patron du design chez Apple, connu notamment pour avoir piloté la création du premier iPhone.

Une fois cette information digérée, certaines évidences sautent aux yeux. Ferrari parle d’un « volume unique et épuré, aux formes simplifiées et rationalisées au service de la conduite ». Le discours est mesuré, presque minimaliste, et l’objet semble effectivement suivre cette logique. L’habitacle paraît volontairement dépouillé, avec une hiérarchie très claire des éléments, loin de l’accumulation parfois spectaculaire des Ferrari récentes.

Le point focal est sans conteste le volant à trois branches métalliques. Son dessin est élégant, presque sculptural. Les commandes habituelles de Ferrari sont bien présentes, mais regroupées dans deux modules distincts, volontairement dissociés du volant lui-même afin de préserver la pureté de la forme. Sur les branches, seules subsistent les commandes de clignotants, sous la forme de boutons ronds affleurants, traités dans le même ton métallique. Le choix est cohérent, même si l’on peut se demander, en toute franchise, si leur intégration dans les modules n’aurait pas été encore plus logique.

Sur le même sujet :  La nouvelle Audi RS5 change tout du sol au plafond : hybride rechargeable, 639 chevaux et un virage électrique inattendu

Derrière le volant, Ferrari a opté pour un bloc d’instrumentation mobile, solidaire de la colonne de direction. Quelle que soit votre position de conduite, les informations restent parfaitement visibles. Les graphismes, entièrement numériques, assument un style rétro assumé. À gauche, un indicateur de puissance. Au centre, un large compteur de vitesse. À droite, un affichage des forces G, qui devrait être personnalisable selon les modes de conduite.

Autour de ces trois cadrans, un écran périphérique apporte des informations complémentaires et donne de la profondeur à l’ensemble. S’y ajoutent un écran central orienté vers le conducteur, ainsi qu’un écran dédié aux passagers arrière. Bonne nouvelle pour les amateurs de commandes tangibles : Ferrari conserve des boutons physiques pour la climatisation, le chauffage et la ventilation des sièges, ainsi qu’une molette de volume. Une horloge analogique trône également dans l’angle supérieur droit, clin d’œil assumé à la tradition.

Une fiche technique très ambitieuse pour une Ferrari électrique assumée

Au-delà du design, Ferrari n’oublie pas ce qui fait sa réputation : la performance. La Luce promet plus de 1 000 chevaux, une puissance qui la place immédiatement dans le cercle très fermé des voitures électriques de très haut niveau. La recharge rapide atteindrait 350 kW, un standard désormais attendu sur ce segment, et l’autonomie annoncée tourne autour de 530 kilomètres selon le cycle WLTP.

Sur le plan technique, Ferrari confirme une architecture à quatre moteurs électriques, un par roue. Cette configuration permet une gestion extrêmement fine du couple, avec un contrôle précis de la motricité et du comportement dynamique. En clair, chaque roue peut recevoir exactement la puissance nécessaire à chaque instant. Sur le papier, cela ouvre des perspectives très intéressantes en matière de tenue de route et d’agilité, même pour un véhicule dont le poids devrait dépasser les 2 300 kilogrammes.

Sur le même sujet :  Cette vidéo espionne montre que la première Ferrari électrique ne ressemble pas à une Ferrari

L’an dernier, Ferrari avait déjà convié quelques observateurs à Maranello pour découvrir les bases techniques du projet : châssis, chaîne de traction et batteries. Depuis, la marque distille les informations avec parcimonie. Cette présentation de l’habitacle correspond à la deuxième phase du lancement, selon le calendrier officiel. La troisième étape, celle de la révélation complète du modèle, est attendue au cours du deuxième trimestre de l’année.

Si vous suivez l’actualité de l’électrique de près, vous l’aurez compris : Ferrari joue ici une partition délicate. Convaincre sans brusquer, surprendre sans trahir. La Luce n’est pas encore totalement dévoilée, mais son intérieur donne déjà une indication précieuse sur la stratégie de la marque. Ferrari ne cherche pas à rassurer par mimétisme. Elle tente autre chose. Et c’est précisément là que le pari devient intéressant à observer.

Auteur/autrice

Laisser un commentaire