XPeng accélère sa conquête de l’Europe avec un partenaire logistique discret… mais stratégique

Le constructeur chinois XPeng poursuit son offensive sur le marché européen. L’entreprise vient d’annoncer un partenariat avec la société néerlandaise Vinturas afin de moderniser la gestion logistique de ses véhicules sur le continent.

Derrière cette annonce technique, il y a la volonté d’améliorer la circulation de ses voitures entre les différents marchés européens et gagner en efficacité dans un environnement réglementaire et commercial devenu complexe. XPeng explique en effet vouloir digitaliser l’ensemble de sa chaîne de distribution grâce à la plateforme développée par Vinturas. L’idée consiste à connecter les nombreux acteurs impliqués dans la livraison des véhicules, depuis les centres de production jusqu’aux concessionnaires européens.

Dans la pratique, ce système doit permettre de centraliser les informations liées au transport et à la livraison des voitures. Les partenaires logistiques pourront suivre en temps réel l’avancement des expéditions et partager les mêmes données sur une plateforme commune. Selon XPeng, cette architecture numérique doit limiter les zones d’ombre qui compliquent souvent le transport automobile à l’échelle européenne. Les flux de véhicules impliquent en effet de multiples intervenants : transporteurs routiers, opérateurs portuaires, transitaires, sociétés de stockage ou réseaux de distribution.

La plateforme Vinturas vise à connecter ces différents maillons afin d’offrir une vision unifiée de la chaîne logistique. Le constructeur pourra suivre ses véhicules pendant leur transport entre plusieurs pays européens et anticiper les éventuels retards. Sándor Gacsó, responsable logistique de XPeng en Europe, souligne que la visibilité sur le parcours des voitures constitue l’un des défis majeurs du groupe sur ce marché. La multiplication des partenaires logistiques complique le suivi des véhicules et ralentit parfois leur livraison.

Selon lui, l’infrastructure numérique proposée par Vinturas doit permettre d’intégrer rapidement de nouveaux partenaires et d’accompagner la croissance des volumes lorsque la demande augmente.

Une organisation logistique adaptée à une production de plus en plus européenne

XPeng n’est pas le premier constructeur à s’appuyer sur la technologie de Vinturas. Mitsubishi avait déjà signé un partenariat avec la société néerlandaise en 2023. À l’époque, la plateforme avait été utilisée pour gérer la distribution du SUV ASX de nouvelle génération, assemblé en Espagne. Pour XPeng, cette collaboration intervient alors que la marque modifie progressivement son organisation industrielle en Europe. Le constructeur a lancé l’an dernier l’assemblage de certains véhicules sur le continent en partenariat avec Magna Steyr.

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Cette filiale du groupe canadien Magna dispose d’une usine en Autriche, où plusieurs modèles électriques de XPeng ont commencé à être produits. La fabrication européenne constitue un levier important pour la marque. Depuis octobre 2024, la Commission européenne applique en effet des droits de douane sur les voitures électriques importées de Chine. En localisant une partie de sa production en Europe, XPeng peut réduire l’impact de ces taxes.

Le SUV électrique G6 a été le premier modèle concerné par cette stratégie industrielle. La marque a ensuite testé la production de la berline P7+, un modèle lancé sur plusieurs marchés européens au début de l’année. La communication officielle autour du partenariat avec Vinturas ne précise pas encore si la plateforme logistique sera utilisée pour les voitures produites en Europe, pour celles importées de Chine, ou pour les deux circuits.

Dans tous les cas, l’objectif reste identique : fluidifier les flux de véhicules entre les sites de production, les ports d’arrivée et les différents réseaux de distribution.

L’Europe au cœur de la stratégie internationale des constructeurs chinois

L’initiative de XPeng intervient dans un contexte d’expansion rapide de la marque hors de Chine. L’entreprise a doublé le nombre de marchés internationaux couverts l’an dernier, passant de 30 à 60 pays. L’Europe occupe une place centrale dans cette stratégie. Sur les 380 points de vente que la marque exploite à l’étranger, environ 290 se situent dans 28 pays européens.

Pour soutenir cette croissance, XPeng prévoit de renforcer son organisation locale. Le constructeur a annoncé la création d’équipes dédiées à la gestion des chaînes d’approvisionnement en Europe et en Asie du Sud-Est à partir de 2026.

En parallèle, la gamme de véhicules proposée sur le continent doit s’élargir. XPeng prévoit notamment de lancer en Europe la série Mona, positionnée sur un segment plus accessible.

Le constructeur prépare aussi l’arrivée du X9, un grand monospace électrique qui doit être commercialisé sur plusieurs marchés européens dans le courant de l’année.

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La marque explore également une autre piste pour contourner certaines contraintes réglementaires. XPeng prévoit d’introduire des véhicules électriques à autonomie étendue, appelés EREV. Ces modèles utilisent un moteur thermique comme générateur afin d’alimenter la batterie.

Ce type de motorisation échappe aux droits de douane européens visant uniquement les voitures 100 % électriques importées de Chine.

Dans le même temps, d’autres constructeurs chinois renforcent aussi leurs infrastructures logistiques en Europe. Nio a annoncé récemment un accord avec DHL pour gérer les pièces détachées et les accessoires destinés à ses clients européens.

Dans le cadre de ce partenariat, la division logistique de Deutsche Post se charge du stockage, de la distribution et du dédouanement des pièces destinées aux véhicules Nio et à la marque Firefly en Europe du Nord-Ouest.

La stratégie commerciale de Nio diffère toutefois de celle de XPeng. Le constructeur a d’abord choisi un modèle de vente directe en Europe, avec ses propres showrooms dans les premiers marchés ciblés. Depuis l’an dernier, Nio a commencé à introduire un réseau de distributeurs dans certains pays européens, tout en lançant Firefly, une marque plus abordable destinée au marché international.

Face à des ventes en recul dans plusieurs marchés pionniers, le constructeur chinois a récemment revu l’organisation de ses activités européennes, signe que l’expansion des marques chinoises sur le continent reste un chantier en évolution permanente.

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