Le Groupe Geely vient de lever le voile sur une feuille de route stratégique à cinq ans qui en dit long sur ses ambitions dans l’ère de la voiture électrique.
Baptisée « One Geely, Leading through Innovation and Integration », cette nouvelle vision marque un tournant profond dans la manière dont le géant chinois veut organiser ses marques, ses technologies et son expansion internationale.
Rappelons que jusqu’ici, l’empire Geely fonctionnait comme une constellation de marques relativement autonomes. Geely Auto, Lynk & Co, Zeekr, Volvo, Polestar ou Lotus avançaient chacune sur leurs propres rails, malgré quelques synergies discrètes. Désormais, la logique change. Le groupe veut passer à une coopération globale beaucoup plus étroite, avec des plateformes technologiques communes, des chaînes d’approvisionnement partagées et une stratégie mondiale mieux coordonnée. En parallèle, Geely souhaite renforcer son identité de groupe tout en conservant des marques bien différenciées selon les marchés. Les marques chinoises capitaliseront sur leur puissance domestique, pendant que Volvo, Polestar et Lotus continueront de jouer un rôle clé en Europe et en Amérique du Nord.
Des objectifs massifs pour transformer Geely en géant mondial de l’électrique
Les chiffres annoncés pour 2030 donnent la mesure du projet. Geely vise plus de 6,5 millions de véhicules vendus par an, contre un peu plus de 4,1 millions en 2025. Le groupe ambitionne d’entrer dans le top 5 mondial des constructeurs automobiles, tout en dépassant l’équivalent de 122 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel. Mais le point le plus révélateur reste la place de l’électrique et des nouvelles énergies. D’ici 2030, plus de 75 % des ventes devront être des véhicules électrifiés, et plus d’un tiers des volumes seront réalisés hors de Chine.
Ces objectifs s’appuient sur une dynamique déjà très solide. En 2025, Geely a été le constructeur à la croissance la plus rapide parmi les dix plus grands groupes automobiles mondiaux. Les ventes totales ont bondi de 26 %, franchissant pour la première fois la barre des 4 millions de véhicules. Les modèles électrifiés ont progressé encore plus vite, avec près de 2,3 millions d’unités vendues, soit une hausse de 58 % en un an.
Une offensive technologique qui dépasse largement la voiture électrique
L’enjeu ne se limite d’ailleurs plus à « seulement » produire des voitures, puisque le groupe veut désormais bâtir un véritable écosystème autour de la mobilité électrique, où le logiciel, les services numériques, l’énergie et les plateformes technologiques pèseront autant que le véhicule lui-même. Au cœur de la stratégie, Geely structure son développement autour d’un écosystème technologique couvrant la conduite autonome, les habitacles intelligents, l’architecture électronique, les plateformes véhicules, les batteries, les moteurs électriques et les systèmes hybrides avancés.
L’objectif : accélérer l’innovation tout en réduisant fortement les coûts de développement. Geely annonce vouloir raccourcir les cycles de recherche et réduire de plus de 30 % le coût moyen par nouveau modèle, un levier clé pour rester compétitif face aux autres géants chinois et aux constructeurs occidentaux.
Les batteries occupent une place centrale dans cette feuille de route. Le groupe travaille activement sur les technologies semi-solides et solides, avec un premier pack de batterie solide développé en interne déjà en phase de finalisation avant des tests en conditions réelles sur véhicules. La sécurité est mise en avant comme un axe prioritaire, avec des systèmes conçus pour devenir des références industrielles.
Mais Geely voit encore plus loin que l’automobile. Le groupe investit massivement dans les services numériques pour accompagner les conducteurs tout au long de la vie du véhicule, dans les solutions de mobilité autonome avec des flottes de Robotaxis prévues à grande échelle d’ici 2030, et même dans des technologies alternatives comme les véhicules électriques à hydrogène-méthanol, déjà déployés sur des dizaines de milliers d’unités.
En toile de fond, Geely renforce aussi ses investissements dans les talents, l’intelligence artificielle et la décarbonation de ses usines et de ses chaînes d’approvisionnement.