BYD bientôt en Formule 1 ?

BYD, le mastodonte chinois de la voiture électrique et des batteries, serait actuellement en discussions pour rejoindre la Formule 1, selon une information publiée mardi par Bloomberg.

L’objectif affiché serait d’accroître la notoriété de la marque à l’échelle mondiale, dans un contexte où ses ambitions commerciales dépassent désormais largement les frontières asiatiques. Si la démarche aboutit, BYD ferait son entrée dans un championnat qui vient tout juste d’accueillir Cadillac, le nouveau venu soutenu par General Motors, lequel a fait ses débuts en piste le 8 mars dernier.

Non mais imaginez un peu la dinguerie ! Il faut dire que c’est cohérent : BYD a cessé de produire des véhicules thermiques purs en mars 2022, pour se concentrer exclusivement sur les voitures 100 % électriques et les hybrides rechargeables. Or, la F1 a justement franchi un cap décisif cette saison : le nouveau règlement moteur entré en vigueur en 2026 place la propulsion électrique dans un rôle beaucoup plus central qu’auparavant. Le MGU-K, l’unité de récupération d’énergie cinétique, délivre désormais jusqu’à 350 kW aux roues arrière, soit près de trois fois plus que les 120 kW des générations précédentes. Résultat, environ la moitié de la puissance totale d’une monoplace provient aujourd’hui du moteur électrique, couplé à un V6 turbocompressé de 1,6 litre. Dit autrement, la F1 est aujourd’hui à moitié électrique, et BYD n’aurait sans doute aucun complexe à y faire valoir son expertise.

Une technologie maison qui n’a pas grand-chose à envier à la concurrence

Pour comprendre ce que BYD pourrait apporter sur les circuits, il faut regarder du côté de sa marque haut de gamme Yangwang, lancée en janvier 2023. Le fer de lance de cette gamme, le supercar U9, est construit sur la plateforme e⁴ du groupe et repose sur quatre moteurs électriques indépendants. La version standard développe environ 960 kW, soit l’équivalent de 1 287 chevaux, avec un 0 à 100 km/h abattu en 2,3 secondes. Quant à la version Extreme, elle pousse le curseur encore plus loin avec pas moins de 3 000 chevaux. On est loin du véhicule électrique sage et familial, et c’est probablement cette filière technologique que BYD mettrait à contribution pour un programme en Formule 1.

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La question qui reste ouverte à ce stade, c’est celle du format de l’engagement. BYD pourrait soit créer une douzième écurie indépendante, soit racheter une équipe existante. Les rumeurs les plus persistantes évoquent Alpine, l’équipe détenue par le groupe Renault, qui cherche depuis plusieurs mois un partenaire industriel ou un repreneur.

La Chine à l’assaut du motorsport mondial

BYD ne serait d’ailleurs pas seul dans cette dynamique. Le constructeur lorgnerait également sur le Championnat du monde d’endurance (WEC), selon les mêmes sources. Et il n’est pas le seul acteur chinois à regarder vers les grandes compétitions internationales : Chery envisagerait de s’engager aux 24 Heures du Mans, tandis que Nio participe à la Formule E depuis plus de dix ans déjà. On assiste en quelque sorte à une offensive coordonnée, même si officieuse, de l’industrie automobile chinoise sur la scène du motorsport mondial.

Pour BYD spécifiquement, l’enjeu va bien au-delà du sport. La marque cherche à soigner son image dans des marchés où elle reste encore méconnue du grand public, notamment en Europe et en Amérique du Nord. Une présence en F1 aux côtés de Ferrari, McLaren ou Red Bull constituerait une vitrine médiatique inégalable, diffusée dans plus de 200 pays chaque week-end de Grand Prix. Les discussions sont en cours, rien n’est signé, mais le dossier mérite d’être suivi de près.

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