Xiaomi ne s’est pas contenté de présenter un nouveau smartphone au MWC 2026 de Barcelone. Le groupe chinois a dévoilé la Vision GT, un concept de supercar électrique développé pour le programme Vision Gran Turismo.
Vous pensiez avoir tout vu avec la Xiaomi SU7 Ultra ? Pour la première fois en 28 ans d’existence du jeu, un constructeur chinois rejoint ce club très fermé dominé jusque-là par Mercedes-Benz, Porsche, Ferrari ou encore BMW.
On parle ici d’un exercice de style, certes. Mais pas seulement. La Vision GT envoie un message clair sur les ambitions automobiles de Xiaomi. La voiture repose sur une plateforme 900 volts en carbure de silicium développée en interne. C’est la même architecture issue d’un budget de recherche et développement de près de 1,3 milliard d’euros consacré aux véhicules électriques.
Visuellement, le concept ne cherche pas la discrétion. Ligne ultra basse, portes en élytre, immense aileron arrière en fibre de carbone, jantes à fixation centrale dissimulant des freins carbone-céramique. L’ensemble évoque une hypercar prête à avaler un circuit. Le dessin privilégie l’efficacité aérodynamique intégrée à la carrosserie plutôt que des appendices ajoutés après coup. Selon le designer en chef Li Tianyuan, l’idée était d’obtenir de la performance sans multiplier les éléments rapportés. À l’intérieur, Xiaomi mise sur un volant en forme de papillon, un écran panoramique et un siège conducteur présenté comme un cocon. L’ensemble reste conceptuel, mais cohérent avec l’ADN technologique de la marque.
Sous la carrosserie, Xiaomi évoque un potentiel proche des 1 900 chevaux, sans confirmer officiellement la puissance définitive. Pour situer le niveau, la Ferrari Vision Gran Turismo développe 1 337 chevaux. Si les chiffres avancés par Xiaomi se confirment, on serait face à l’un des concepts les plus puissants jamais créés pour le programme.
Un symbole fort pour l’industrie chinoise
Le programme Vision Gran Turismo, lancé en 2013 par Polyphony Digital, permet aux constructeurs de concevoir des voitures virtuelles sans contraintes d’homologation ni de production. Historiquement, il s’agissait surtout d’un terrain d’expression pour des marques déjà établies. Quand Ferrari ou Porsche présentent un concept, elles prolongent une légende existante.
Dans le cas de Xiaomi, la logique est différente. La marque construit encore sa réputation automobile. Il y a deux ans, Xiaomi était essentiellement perçue comme un géant du smartphone. Aujourd’hui, elle s’invite aux côtés des références mondiales de la performance.
Le choix du MWC à Barcelone n’est pas anodin, puisque ce n’est pas un salon automobile chinois, mais le plus grand rendez-vous tech en Europe. Xiaomi a confirmé que 2027 marquera sa première année d’expansion internationale avec un objectif clair : pénétrer le marché européen. Un centre de recherche est déjà opérationnel à Munich et le Royaume-Uni pourrait accueillir 150 points de vente dans les quatre prochaines années. En conséquence, la Vision GT agit donc comme une carte de visite en montrant que Xiaomi ne veut pas être cantonnée à l’image d’un fabricant de voitures électriques abordables destinées au marché chinois. Le message envoyé aux consommateurs européens est limpide : la marque vise le haut du tableau.
Des ambitions industrielles déjà très concrètes
Ce concept ne sort pas de nulle part. En 2025, Xiaomi a livré plus de 410 000 voitures électriques, dépassant largement son objectif initial de 300 000 unités. Pour 2026, la barre est fixée à 550 000 livraisons. La berline SU7 s’est même mieux vendue que la Tesla Model 3 en Chine, un signal fort dans un marché ultra concurrentiel.
La version SU7 Ultra, forte de plus de 1 500 chevaux, a signé un tour du Nürburgring en 7 minutes et 4,957 secondes, établissant le record pour une voiture électrique de série. C’était la première voiture chinoise produite en grande série à apparaître dans Gran Turismo 7. La Vision GT s’inscrit dans cette continuité.
Xiaomi cultive aussi une image centrée sur le conducteur. La marque encourage certains cadres à suivre une formation de pilote pour renforcer cette culture interne. Cela peut sembler anecdotique, mais dans un secteur où l’expérience de conduite reste un argument clé, le symbole compte.
Reste à voir si la plateforme 900 volts et les chiffres de puissance évoqués déboucheront sur des applications concrètes en production. Mais au vu du rythme d’exécution de Xiaomi, difficile de balayer l’hypothèse d’un revers de main. La marque a produit un demi-million de véhicules en moins de deux ans après le lancement de son premier modèle.