Le mois de janvier 2026 démarre sur un faux rythme pour le marché automobile européen. Les immatriculations de voitures neuves dans l’Union européenne reculent de 3,9 % par rapport à janvier 2025.
Et pourtant, en creusant un peu, l’histoire est tout autre. Car pendant que le marché ralentit, l’électrification, elle, accélère. Les voitures 100 % électriques représentent désormais 19,3 % des immatriculations en janvier 2026, contre 14,9 % un an plus tôt. En clair, près d’une voiture neuve sur cinq vendue dans l’Union européenne fonctionne uniquement à la batterie. La bascule est en cours, et elle devient visible dans les chiffres.
L’électrique progresse malgré un marché global en retrait
En janvier 2026, 154 230 voitures électriques à batterie ont été immatriculées dans l’Union européenne. Le chiffre peut sembler technique, mais il raconte quelque chose de simple : l’offre s’élargit, les tarifs deviennent plus compétitifs et les conducteurs passent progressivement à l’électrique.
Les quatre principaux marchés européens, qui concentrent environ 60 % des immatriculations de voitures électriques, affichent des dynamiques contrastées. La France enregistre une hausse spectaculaire de 52,1 %. L’Allemagne suit avec +23,8 %. À l’inverse, la Belgique recule de 11,5 % et les Pays-Bas chutent de 35,4 %. Ces deux replis ne suffisent toutefois pas à inverser la tendance globale. Les hausses françaises et allemandes compensent largement.
Si vous regardez autour de vous, ce mouvement n’a rien d’abstrait. Les parkings d’entreprises, les flottes professionnelles et même les copropriétés urbaines se remplissent progressivement de modèles électriques. Le choix s’élargit, des citadines aux SUV familiaux, et l’électrique n’est plus réservé à une niche technophile. Dans le même temps, les hybrides classiques conservent la première place. En janvier 2026, 308 364 voitures hybrides non rechargeables ont été immatriculées, soit 38,6 % du marché. L’Italie affiche +24,9 % et l’Espagne +9 %. L’hybride reste une solution de transition pour de nombreux conducteurs qui souhaitent réduire leur consommation sans changer radicalement leurs habitudes.
Les hybrides rechargeables, eux aussi, progressent nettement. Avec 78 741 unités immatriculées, ils atteignent 9,8 % de part de marché, contre 7,4 % un an plus tôt. L’Italie explose à +134,2 %, l’Espagne grimpe de 66,7 % et l’Allemagne progresse de 23 %. Les incitations fiscales encore en place dans certains pays jouent un rôle évident.
Essence et diesel : le décrochage se confirme
Pendant que l’électrifié gagne du terrain, les motorisations thermiques poursuivent leur repli. Et cette fois, la baisse est marquée. Les immatriculations de voitures essence chutent de 28,2 % sur un an dans l’Union européenne. La France décroche de 48,9 %, l’Allemagne de 29,9 %, l’Italie de 25,5 % et l’Espagne de 22,5 %. Avec 175 989 unités immatriculées en janvier, l’essence ne représente plus que 22 % du marché, contre 29,5 % un an plus tôt.
le diesel continue sa lente érosion. Les immatriculations baissent de 22,3 % et la part de marché tombe à 8,1 %. Il y a encore quelques années, cette motorisation dominait largement en Europe. Aujourd’hui, elle devient marginale. De fait, si l’on additionne essence et diesel, les motorisations thermiques totalisent 30,1 % du marché en janvier 2026, contre 39,5 % un an plus tôt. La baisse est nette et rapide.
Ce qui frappe, c’est la vitesse de la transition. Le marché global recule légèrement, mais la transformation structurelle s’accélère. Les voitures électrifiées, qu’elles soient 100 % électriques, hybrides ou hybrides rechargeables, dépassent désormais très largement les modèles thermiques.
Pour les constructeurs, la pression stratégique est maximale. Adapter les capacités industrielles, sécuriser les chaînes d’approvisionnement en batteries, ajuster les prix pour rester compétitifs face aux marques asiatiques, tout cela se joue en parallèle.
Janvier 2026 ne signe pas un boom des volumes, mais confirme une bascule. L’Europe automobile entre dans une nouvelle phase, où l’électrique approche les 20 % et où le thermique perd, mois après mois, son statut dominant.