Malgré des ventes en hausse, ce constructeur prestigieux de voitures électriques licencie 12% de ses effectifs

Ce constructeur américain de véhicules électriques haut de gamme a décidé de supprimer 12 % de ses effectifs afin de réduire ses coûts et tenter d’améliorer sa marge brute. Une décision lourde, qui concernerait plusieurs centaines de salariés.

Derrière les lignes élégantes de la berline Air et du SUV Gravity, la réalité financière reste brutale. Lucid continue d’accumuler des pertes massives. Au troisième trimestre 2025, le groupe a enregistré une perte de 978,4 millions de dollars, soit environ 900 millions d’euros. Et les résultats du quatrième trimestre 2025, attendus le 24 février 2026, seront scrutés de près.

Depuis sa création, et jusqu’à fin septembre 2025, Lucid a cumulé environ 14,8 milliards de dollars de pertes, soit près de 13,6 milliards d’euros. À ce niveau, on ne parle plus d’un simple trou d’air. On parle d’un modèle économique qui cherche encore son point d’équilibre.

Une restructuration pour sauver la trajectoire financière

Officiellement, l’objectif est de simplifier l’organisation et de gagner en efficacité. Dans un message interne cité par plusieurs médias américains, le directeur général par intérim, Marc Winterhoff, explique vouloir rendre l’entreprise plus agile et mieux alignée avec ses ambitions de rentabilité à long terme.

Fin 2024, Lucid comptait environ 6 800 salariés dans le monde. Si l’effectif est resté stable, une réduction de 12 % représente plus de 800 postes supprimés. La marque a précisé que les équipes de production ne seraient pas concernées. Les coupes devraient principalement toucher les fonctions administratives et supports. Les salariés concernés recevraient des indemnités de départ, des primes, un maintien temporaire de leur couverture santé ainsi qu’un accompagnement à la transition professionnelle. Une mesure classique dans la Silicon Valley, mais qui témoigne d’une tension structurelle.

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Pour l’instant, la trésorerie est soutenue par le principal actionnaire, le fonds souverain saoudien PIF. Celui-ci a porté une ligne de crédit initialement fixée à 750 millions de dollars, soit environ 690 millions d’euros, à près de 2 milliards de dollars, soit environ 1,84 milliard d’euros. De quoi sécuriser le court terme. Mais pas régler le fond du problème, car injecter des liquidités ne suffit pas si le volume de production reste trop faible pour absorber les coûts fixes.

Des ventes en hausse, mais encore loin du seuil de rentabilité

Paradoxalement, 2025 n’a pas été une mauvaise année commerciale. Lucid a augmenté ses livraisons de 55 %, atteignant près de 16 000 véhicules. Cette progression s’explique notamment par la première année complète de commercialisation du SUV Gravity, venu épauler la berline Air. Dans les faits, ces volumes restent trop modestes pour générer des économies d’échelle suffisantes. Le segment premium électrique est ultra concurrentiel, avec Tesla, Mercedes, BMW ou encore Porsche déjà solidement implantés. Et les acteurs chinois montent en puissance.

Lucid mise désormais sur un SUV de taille intermédiaire, positionné entre 48 000 et 50 000 dollars, soit environ 44 000 à 46 000 euros. Ce modèle, basé sur une nouvelle plateforme dite Midsize, doit permettre d’élargir la clientèle et d’augmenter significativement les volumes.

En parallèle, l’entreprise affiche des ambitions dans le robotaxi, le développement avancé des systèmes d’aide à la conduite et les logiciels embarqués. Une stratégie qui rappelle celle de Tesla : vendre des voitures, mais aussi une plateforme technologique.

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Mais alors, Lucid peut-il survivre assez longtemps pour atteindre la taille critique nécessaire à la rentabilité ? Le marché des véhicules électriques entre dans une phase de maturité où la croissance seule ne suffit plus. Les investisseurs regardent désormais la capacité à générer des marges positives. Dans ce contexte, réduire les coûts devient presque inévitable. Lucid joue donc une partie serrée. D’un côté, une technologie saluée pour son efficience et son autonomie. De l’autre, une structure de coûts lourde et un positionnement haut de gamme qui limite les volumes.

Les prochains mois seront déterminants. Si le futur SUV intermédiaire rencontre son public et si la montée en cadence industrielle suit, le scénario peut s’éclaircir. Dans le cas contraire, même le soutien du fonds souverain saoudien pourrait ne pas suffire indéfiniment.

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