Avec la Z9GT, Denza veut marquer les esprits. Cette marque encore peu connue en Europe est en réalité la division haut de gamme du géant chinois BYD. Et pour séduire une clientèle habituée à rouler en BMW, Mercedes‑Benz ou même Porsche, la stratégie est simple : technologie spectaculaire, puissance hors norme et recharge ultra-rapide.
Autonomie ou vitesse de charge ? Le débat fait rage chez les électromobilistes, et semble ne toujours pas avoir été tranché. Pendant ce temps, la technologie progresse, et les plus grand spécialistes industriels des batteries de voiture électriques travaillent d’arrache-pied dans leurs laboratoires pour résoudre l’équation magique : produire des voitures qui vont loin et se rechargent vite.
Et dans ce domaine, Denza, filiale « luxe » de BYD semble avoir un bon coup d’avance avec sa Z9GT, dont la promesse semble de prime abord assez vertigineuse : une recharge de 10 à 97% en 9 minutes même par une température hivernale, et pas moins de 600 kilomètres d’autonomie WLTP.
Nous avions pu découvrir l’engin en présentation statique lors du grand raout de l’Opéra Garnier il y a quelques jours, et cette fois nous avons pu nous installer à son volant pour deux jours d’essais en région parisienne. Des essais qui incluaient évidemment une démonstration de recharge rapide sur les bornes BYD Flash Charging spécialement installées de façon temporaire pour l’évènement sur le circuit de Mortefontaine.
Disponible en hybride rechargeable ou en 100 % électrique, la version électrique apparaît pourtant comme la plus cohérente. Sur le papier, ses performances rivalisent avec certaines hypercars… mais son positionnement reste celui d’un grand coupé de luxe.
En version 100 % électrique, cette voiture développe jusqu’à 1 156 ch, abat le 0 à 100 km/h en 2,7 secondes et affiche donc une autonomie WLTP de 600 km. Son prix est à l’avenant de ses ambitions : 117 000 € pour l’électrique et 101 000 € pour la version hybride rechargeable.
C’est la version électrique que j’ai pu conduire sur une centaine de kilomètres de routes et voies rapides au nord de Paris. Compte-rendu.
Aspect extérieur, ligne
La Denza Z9GT ne ressemble pas aux SUV qui envahissent actuellement le marché. La marque a fait un choix plus audacieux avec une carrosserie de shooting brake, un break sportif au profil très étiré.
Avec 5,2 mètres de long et près de deux mètres de large, la Z9GT impose immédiatement sa présence sur la route. Sa silhouette très basse, son pavillon fuyant et son arrière sculpté lui donnent une allure presque conceptuelle.
L’ensemble reste néanmoins élégant et fluide. La ligne privilégie l’aérodynamisme, avec des surfaces lisses et des proportions très équilibrées. À l’avant, la signature lumineuse minimaliste souligne le caractère technologique de la voiture.
Certains modèles peuvent recevoir des rétroviseurs numériques, remplacés par des caméras et des écrans dans l’habitacle. Une solution déjà vue ailleurs, mais qui demande toujours un petit temps d’adaptation.
Design intérieur
À l’intérieur, la Z9GT joue clairement la carte du luxe technologique. Les matériaux sont de très bon niveau avec un mélange de cuir, de bois et de surfaces métalliques.
Aucun plastique bas de gamme n’apparaît à bord, ce qui est cohérent avec le tarif du modèle. L’ambiance générale rappelle davantage celle d’une grande berline premium que celle d’une sportive.
Le tableau de bord est dominé par un large écran central, complété par un écran passager. Le système multimédia intègre de nombreuses fonctions, dont certaines plus ludiques, comme un mode karaoké embarqué.
L’équipement est particulièrement généreux : sièges chauffants et massants, sièges arrière électriques, climatisation sophistiquée et même un petit réfrigérateur intégré.
Vie à bord
La Z9GT impressionne également par son habitabilité. Avec un empattement de 3,1 mètres, l’espace aux places arrière est particulièrement généreux. Les passagers disposent d’une vraie sensation de confort et de liberté de mouvement. Le volume disponible pour les jambes est l’un des points forts de la voiture.
Le confort général est à la hauteur des ambitions du modèle, et je dois dire, assez impressionnant. L’insonorisation est globalement réussie, même si quelques bruits de roulement peuvent apparaître sur mauvais revêtement, ce qui reste un peu surprenant pour une voiture de ce niveau de prix. Le modèle essayé était doté des rétroviseurs extérieurs caméra, ce qui est assez déroutant et demande un bon temps d’adaptation pour s’habituer à regarder non pas à travers la vitre mais sur les écrans situés dans les portes. Idem pour le rétroviseur central vidéo, que l’on peut toutefois désactiver en allant dans les menus, mais surtout de façon beaucoup plus pratique et rapide d’un clic sur un bouton situé sur sa tranche.
Autre détail spectaculaire : les quatre portes électriques, qui s’ouvrent et se ferment via un bouton. Au moment de monter à bord, le siège conducteur recule automatiquement pour faciliter l’accès. Côté technologie et automatisation, j’ai beaucoup apprécié les quatre portes électriques avec ouverture et fermeture complète en effleurant simplement un bouton. Contrairement aux rétros-caméras, on s’y fait très vite, d’autant que le mouvement est rapide et ne crée pas d’attente agaçante. Bien sûr, si un obstacle se trouve dans le champ d’ouverture des portes, celles-ci s’arrêtent avant de le toucher grâce aux caméras situées tout autour de la voiture.
La visibilité arrière est en revanche limitée par la ligne plongeante du hayon. L’écran des rétroviseurs numériques peut aider, mais il ne permet pas toujours d’ajuster l’angle de vue aussi facilement que certains systèmes concurrents.
Au volant, des performances un peu aseptisées
La Denza Z9GT repose sur la plateforme e³ du groupe BYD. Dans sa version électrique, elle reçoit une architecture à trois moteurs : un moteur à l’avant et deux à l’arrière.
Au total, la puissance atteint 1 140 chevaux pour un couple de 1 210 Nm.
Résultat : le 0 à 100 km/h est expédié en 2,7 secondes et la vitesse maximale atteint 269 km/h. Des performances comparables à celles de modèles comme la Porsche Taycan Turbo ou l’Audi RS e‑tron GT.
Malgré ces chiffres impressionnants, la Z9GT n’a pas vraiment l’âme d’une sportive. Avec 2,9 tonnes sur la balance, elle privilégie clairement le confort de conduite. Je me suis amusé à faire quelques départs arrêtés, et si la cavalerie est bien là et vous colle au siège, la sensation est tellement feutrée que l’on ne s’en rend pas vraiment compte. Autre petit désagrément, la Z9GT n’a définitivement pas la rigueur d’une Porsche (ou même d’une Tesla), et elle se cabre fortement en s’écrasant sur son train arrière, ce qui a pour effet de délester l’avant en cas de très forte accélération, ce qui n’est pas toujours très agréable, ni très rassurant. La faute à des réglages d’amortissement privilégiant le confort.
La direction est précise et bien calibrée, tandis que les nombreux modes de conduite permettent d’ajuster la suspension pneumatique et la réponse de la voiture. Le système Vehicle Motion Control coordonne freinage, suspension et direction en quelques millisecondes.
Mais sur route sinueuse, la Denza préfère une conduite fluide et coulée plutôt qu’une attaque sportive. Elle se comporte davantage comme une grande routière confortable que comme une véritable machine de circuit.
J’ai pu également tester les différents modes d’assistance à la conduite, et surtout au parking, avec notamment cette fonctionnalité qui permet de garer la voiture sans être au volant, à partir de son téléphone, en la faisant pivoter sur son train arrière. C’est amusant et impressionnant, mais cela ne servira à mon avis que dans quelques rares cas, et heureusement pour les pneus ! En revanche, tous les modes de park assist, où l’on gare la voiture sur n’importe quel emplacement, même le plus serré et étroit, par un simple appui sur un bouton sur l’écran tactile, est redoutablement efficace : précise, rapide et rassurante, contrairement à ce que l’on peut connaître chez d’autres marques, où c’est quasiment inutilisable.
Autonomie, vitesse de recharge
La Z9GT embarque une batterie massive de 122,4 kWh basée sur la technologie Blade Battery de seconde génération développée par BYD.
L’autonomie annoncée atteint environ 600 kilomètres selon les standards d’homologation, ce qui reste compétitif pour une voiture aussi lourde et puissante.
Mais le véritable argument technologique se trouve ailleurs : la recharge ultra-rapide.
La Z9GT est compatible avec les nouvelles bornes Flash Charging capables de délivrer jusqu’à 1 500 kW. À titre de comparaison, une Porsche Taycan plafonne autour de 320 kW.
Dans ces conditions idéales :
- la recharge de 10 à 70 % pourrait prendre environ 5 minutes
- la recharge de 20 à 97 % serait possible en 9 minutes
Des chiffres qui se rapprochent du temps nécessaire pour faire un plein de carburant.
BYD prévoit de déployer environ 3000 stations Flash Charging en Europe dans les 12 mois à venir, dont 300 en France. Pour cela, plutôt que de créer ses propres stations de zéro, le constructeur est en train de négocier l’installation de double stèles flash charging sur les sites des grands opérateurs déjà en place, comme Ionity, Electra ou Fastned.
Caractéristiques, prix
La Denza Z9GT est déjà commercialisée en Chine depuis 2024. La version destinée au marché européen intègre quelques adaptations techniques et logicielles.
Les commandes ont déjà ouvert en Europe avec un prix de départ autour de 117 000 euros. À ce tarif, la Z9GT se positionne face aux grandes routières électriques premium. Une version moins puissante à moteur unique devrait arriver plus tard dans l’année, avec une autonomie plus élevée et un prix potentiellement plus accessible.
Maintenant, je reviens à la question posée en titre de cet essai, et elle n’est à mon avis pas totalement anodine : quand on roule en électrique, on a pris l’habitude de recharger en temps masqué, soit la nuit à domicile ou à l’hôtel, soit pendant qu’on fait des courses ou pendant le déjeuner ou un café. C’est donc une tâche totalement invisible et indolore. A l’opposé, faire un plein d’essence ne prend que quelques minutes mais oblige à rester à la pompe, une contrainte que ne connaissent plus ceux qui roulent en électrique. Avec une recharge en 10 minutes, on est dans un entre deux qui n’est pas forcément pratique : c’est trop long pour rester à la borne, et trop court pour faire autre chose. Bon, je chipote, mais il faudra savoir en tenir compte, d’autant que BYD ne va pas en rester là, et compte étendre son flash charging à l’ensemble de ses gammes.
J’ai bien aimé
- Le confort
- La qualité de finition
- Les équipements pléthoriques de série
- La recharge ultra-rapide
- Les assistances au parking
J’ai moins aimé
- Le poids
- Le gabarit
- L’excès de puissance inutile
- La ligne un peu lourde



















