Chez Tesla, la stratégie tarifaire reste un sport de combat. Cette fois, le constructeur frappe fort avec une version d’entrée de gamme du Tesla Cybertruck affichée à 55 000 euros environ.
Oui, sous la barre symbolique des 60 000 dollars convertis, soit près de 18 000 euros de moins que le ticket d’entrée précédent sur certaines configurations.
Mais il y a un détail qui change tout. Selon Elon Musk, ce tarif pourrait n’être qu’une opération éclair de dix jours destinée à tester l’appétit du marché. Passé ce délai, le prix pourrait remonter en fonction de la demande. Ambiance “flash sale” version pick-up en acier inoxydable.
Une nouvelle porte d’entrée plus accessible
Cette nouvelle déclinaison à transmission intégrale remplace de fait l’ancienne version Premium AWD comme modèle d’accès. Là où la version Premium restait positionnée autour de 73 000 euros, Tesla tente ici de séduire un public plus large du marché américain du pick-up. Contrairement à l’ancienne version propulsion, abandonnée l’an dernier faute de clients, ce Cybertruck d’entrée de gamme ne se contente pas d’un équipement minimaliste. Il conserve la configuration bi-moteur, la transmission intégrale, le fameux couvre-benne motorisé et la fonctionnalité Powershare V2X, qui permet d’alimenter des équipements externes ou même une habitation.
Pour atteindre ce nouveau seuil tarifaire, Tesla a toutefois ajusté certains éléments techniques. La suspension pneumatique adaptative disparaît au profit d’un système à amortissement adaptatif plus classique. La capacité de remorquage passe de près de 5 000 kilogrammes à environ 3 400 kilogrammes. Pour un usage quotidien, loisirs compris, cela reste cohérent avec les besoins d’une large partie des conducteurs américains.
Côté performances, la puissance annoncée atteint environ 325 kilowatts, soit 435 chevaux. L’autonomie estimée grimpe à environ 523 kilomètres selon les anciennes références d’homologation. Sur le papier, le compromis semble équilibré pour un pick-up électrique qui reste atypique dans son design comme dans son positionnement.
Et il faut le dire, la précédente version propulsion, vendue autour de 64 000 euros à l’époque, avait supprimé plusieurs équipements tout en restant plus chère que cette nouvelle offre. Le signal envoyé est clair.
Le Cyberbeast repasse sous les 100 000 euros
Tesla ne s’est pas contenté de toucher l’entrée de gamme. La version haut de gamme, le Tesla Cyberbeast, voit son prix reculer d’environ 14 000 euros. Elle revient ainsi sous la barre des 92 000 euros, un seuil psychologique important pour un modèle tri-moteur aux performances extrêmes. Pour atteindre ce niveau, certains équipements premium auraient été dissociés du pack de base. Le système de conduite assistée avancée, auparavant inclus dans certaines configurations, ne serait plus systématiquement intégré. Résultat, un prix catalogue plus attractif, quitte à proposer des options en supplément.
Cette double baisse de prix intervient dans un contexte moins euphorique qu’au lancement. Malgré l’effet d’annonce initial et une médiatisation massive, les volumes écoulés restent éloignés des ambitions affichées. Les estimations évoquent environ 5 000 unités par trimestre, très loin des 250 000 exemplaires annuels un temps envisagés. En 2025, les ventes auraient reculé d’environ 19 % sur un an, tandis que les stocks augmenteraient sur le site de production texan. Dans ce cadre, ajuster les prix devient un levier évident pour relancer la dynamique.
La communication autour de la durée limitée de l’offre ajoute une couche de pression commerciale. Dix jours, pas un de plus, selon le message publié sur X. Stratégie classique de rareté perçue, mais efficace pour déclencher des commandes rapides.
Reste à savoir si ce repositionnement marque un tournant structurel pour le Cybertruck ou simplement un ajustement ponctuel pour écouler des volumes. Une chose est sûre : c’est la première fois que le pick-up électrique de Tesla se rapproche réellement de la promesse d’un modèle “plus accessible” évoquée il y a plusieurs années.