Loin devant Tesla et BYD, cette voiture électrique cartonne en France et en Europe

La Renault 5 électrique continue de tracer sa route comme si elle avait toujours fait partie du paysage. L’usine de Douai vient tout juste de franchir un cap symbolique : 100 000 exemplaires assemblés.

En un peu plus d’un an de livraisons, le modèle confirme que le pari d’un retour en version 100 % électrique n’avait rien d’audacieux pour rien. Si vous avez croisé une R5 E-Tech dans la rue récemment, vous avez peut-être aperçu la configuration la plus courante : finition Techno et batterie de 52 kWh. C’est elle qui constitue le cœur des ventes depuis le lancement.

La Renault 5 électrique dépasse les 100 000 unités produites

Ce volume atteint en 15 mois rappelle à quel point les temps ont changé pour l’électrique. Il avait fallu plus de cinq ans à la Zoé pour atteindre la même étape. Les contextes diffèrent, bien sûr, mais cela donne une idée de la vitesse à laquelle la transition se diffuse dans les usages. Le marché européen n’est plus celui d’hier, et les conducteurs sont manifestement prêts à basculer vers des modèles au design familier mais à la technologie complètement nouvelle.

L’histoire est aussi celle d’un site industriel. La Manufacture Ampere ElectriCity de Douai tourne désormais à un rythme dense avec environ 900 véhicules par jour. Deux tiers de cette cadence sont dédiés à la Renault 5, ce qui montre l’importance stratégique du modèle pour le groupe. Sur la même ligne se croisent également l’Alpine A290, la Nissan Micra, mais aussi le Scénic électrique et le Mitsubishi Eclipse Cross assemblé pour l’Europe. Trois équipes se relaient en continu, avec une équipe de nuit en place depuis le 13 octobre, preuve que la demande impose un fonctionnement intensif.

Une réussite en France et au-delà, tandis que la gamme continue de s’élargir

La Renault 5 se comporte très bien sur son marché domestique. Elle occupe la première place des ventes électriques en France, loin devant ses concurrentes directes. Ce n’est pas vraiment une surprise tant le modèle coche les cases attendues : gabarit adapté aux trajets du quotidien, identité forte et prix accessible. Mais la dynamique ne se limite pas à l’Hexagone. Au Royaume-Uni, elle a pris la tête des ventes électriques en octobre. Aux Pays-Bas ou en Espagne, elle domine également son segment. Ces performances montrent que la voiture trouve son public dans des usages variés, sans dépendre uniquement d’un marché spécifique.

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Pour Renault, la trajectoire reste ascendante. La marque fait progresser la diffusion de la R5 sur de nouveaux territoires, notamment la Turquie et le Maroc. La gamme s’est d’ailleurs étoffée au fil des mois, jusqu’à proposer aujourd’hui cinq niveaux de finition. Le ticket d’entrée est assuré par le modèle five affiché à 24 990 € hors bonus éventuel, un positionnement qui participe clairement à l’élan commercial. On sent que la stratégie vise à rendre la voiture accessible à un public large, quitte à jouer sur un éventail d’options plus souple que celui proposé au lancement.

Ce qui attend la R5 dans les prochains mois montre que Renault entend maintenir un rythme d’évolution régulier. À partir de janvier 2026, le modèle adoptera la fonction One Pedal. Si tu n’as jamais utilisé ce type de conduite, l’idée est simple : en relâchant l’accélérateur, la voiture ralentit suffisamment pour aller jusqu’à l’arrêt complet, sans toucher la pédale de frein. C’est le niveau maximal de freinage régénératif, et en ville ou dans les bouchons, c’est une aide appréciable qui rend la conduite encore plus douce. C’est aussi le genre de fonctionnalité que les utilisateurs adoptent vite lorsqu’ils y goûtent.

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Au-delà de cet ajout, la R5 intégrera un nouveau système de surveillance du conducteur. Une caméra positionnée sur le montant du pare-brise permettra de détecter l’inattention ou la somnolence, une approche déjà présente sur certains modèles du marché mais en phase d’extension sur le reste de la gamme. Renault prévoit aussi une mise à jour de la partie multimédia avec 2 Go de données mensuelles inclus pendant trois ans. De quoi alimenter la navigation, les services connectés ou les mises à jour sans se soucier du volume. Et, parce que la dimension esthétique fait partie intégrante du renouveau de la R5, des stickers de personnalisation viendront compléter l’offre pour permettre à chacun d’ajouter une touche plus personnelle.

Vers une montée en cadence et enrichissement continu du modèle

Les signaux montrent que la Renault 5 électrique n’est pas simplement un hommage moderne à un modèle historique. C’est un produit qui s’installe durablement dans la transition électrique européenne et qui démontre que l’innovation n’empêche pas l’attachement à une silhouette familière. La montée en cadence de Douai, l’arrivée de nouveaux marchés et les évolutions prévues pour 2026 dessinent une trajectoire encore en mouvement. Et entre nous, voir un modèle populaire tirer l’électrique vers le grand public a quelque chose de rafraîchissant dans un paysage souvent dominé par le haut de gamme.

Auteur/autrice

  • Eric Dupin

    Journaliste, consultant et conférencier sur la voiture électrique et l'électromobilité, auteur du livre "La voiture électrique ? Ça ne marchera jamais !" Adore tout ce qui roule, avec une préférence marquée pour le zéro émission.

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