Ford prêt à signer un pacte avec le diable pour survivre face aux voitures électriques low cost

La montée en puissance des constructeurs chinois sur le marché européen de la voiture électrique bouscule les équilibres établis.

Chez Ford, on a compris que continuer seul dans cette nouvelle ère industrielle devient risqué. Depuis plusieurs mois, le groupe américain multiplie donc les discussions avec des acteurs chinois pour trouver des relais technologiques et industriels capables de l’aider à rester dans la course.

Parmi eux, un nom revient avec insistance : Zhejiang Geely Holding Group, maison mère de Volvo. Les échanges auraient largement dépassé la simple question du partage d’usines, pour toucher à des sujets bien plus stratégiques comme les logiciels embarqués et les aides à la conduite avancées.

Un rapprochement industriel qui pourrait tout changer en Europe

Selon plusieurs sources industrielles, Ford et Geely exploreraient l’idée d’utiliser des capacités de production sous-employées en Europe, notamment sur le site espagnol de Valence. Pour le groupe chinois, l’intérêt est évident : produire localement permettrait d’éviter des droits de douane européens pouvant grimper jusqu’à près de 38 % sur les voitures électriques importées de Chine. Pour Ford, l’enjeu est plus large. La marque américaine cherche à combler son retard dans les véhicules définis par le logiciel, là où les groupes chinois avancent à une vitesse quasi industrielle. Partage de plateformes numériques, systèmes d’assistance à la conduite, automatisation des process : tout est sur la table, même si rien n’est encore signé officiellement.

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Cette stratégie s’inscrit dans un contexte où les marques chinoises comme BYD ou MG Motors grignotent rapidement des parts de marché en Europe avec des modèles bien équipés et agressifs sur les prix. Ford l’a compris : l’époque où les constructeurs occidentaux dominaient sans partage est révolue.

Ford accélère sur la technologie pour rattraper le rythme chinois

Le patron de Ford, Jim Farley, ne mâche d’ailleurs plus ses mots lorsqu’il évoque la pression exercée par les groupes asiatiques. Ces derniers mois, le constructeur américain a déjà annoncé un partenariat avec Renault pour développer des voitures électriques plus abordables, clairement pensées pour contrer l’offensive chinoise. En parallèle, Ford prépare une nouvelle génération de véhicules reposant sur sa plateforme Universal EV. Ceux-ci seront alimentés par des batteries LFP, moins coûteuses à produire, fabriquées dans une future usine du Michigan à partir de technologies sous licence du spécialiste chinois CATL. Les premiers modèles attendus devraient viser un prix autour de 27 500 euros, un seuil psychologique important pour élargir le public de l’électrique.

Côté conduite automatisée, Ford promet également l’arrivée de fonctions de niveau 3, permettant au conducteur de lâcher temporairement le volant dans certaines conditions, dès la fin de la décennie. Un domaine où les groupes chinois ont déjà pris une longueur d’avance, notamment grâce à leurs compétences logicielles.

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Un autre bruit de couloir évoquait récemment des discussions avec Xiaomi autour de projets automobiles aux États-Unis. Une information rapidement démentie, mais qui illustre bien la nouvelle posture de Ford : dialoguer avec la tech et l’industrie chinoises plutôt que tenter de les ignorer.

Ironie de l’histoire, Ford et Geely ne partent pas de zéro. C’est déjà le groupe chinois qui avait racheté Volvo à Ford en 2010, une opération qui a largement contribué au renouveau du constructeur suédois. Quinze ans plus tard, le rapport de force s’est inversé.

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