Le kilowattheure change de prix ce 1er août 2026, et les automobilistes électriques risquent d’être surpris, pas dans le sens qu’ils redoutaient.
La Commission de régulation de l’énergie a validé une hausse moyenne de 2,5 % TTC du tarif réglementé de l’électricité. De quoi alimenter l’inquiétude habituelle sur le coût de la recharge à domicile. Sauf que le détail des chiffres donne d’autres indications, surtout pour qui recharge la nuit.
Un hiver doux en 2025, une facture de réseau à rattraper
Cette hausse ne vient pas du prix de l’électricité elle-même, mais du TURPE, le tarif d’acheminement facturé par les gestionnaires de réseau. Il grimpe de 3,04 % au 1er août, une décision de la CRE qui pèse pour environ 1 point sur la facture finale. La raison tient en une phrase : l’hiver 2025 a été trop doux. Les Français ont moins chauffé, donc moins consommé, et Enedis a encaissé 231,6 millions d’euros de moins que prévu sur le réseau résidentiel, avec 3,6 TWh de consommation en moins. Le distributeur rattrape ce manque à gagner via le tarif d’acheminement, qui touche tout le monde, chauffage comme recharge de voiture électrique.
Dans le détail, le kilowattheure en heures pleines passe de 0,2065 à 0,2142 euro, une hausse de 3,73 %. En heures creuses, le mouvement est beaucoup plus discret : de 0,1579 à 0,1589 euro, soit 0,63 % de plus. Un écart qui n’a rien d’un hasard, la structure du TURPE favorise justement les heures creuses pour inciter à décaler les usages, recharge de voiture électrique comprise.
Dix-neuf centimes de plus par mois pour un usage type
Sur le terrain, l’impact reste anecdotique pour qui recharge à domicile la nuit. Automobile Propre prend l’exemple d’un trajet domicile-travail de 60 km aller-retour par jour, avec une voiture consommant 16 kWh aux 100 km. Cela représente environ 192 kWh rechargés sur un mois. La facture correspondante passe de 30,32 à 30,51 euros, soit 19 centimes de plus sur le mois entier.
Le 1er août apporte aussi un changement réglementaire qui profitera aux petits foyers équipés de voitures électriques : l’option heures pleines/heures creuses s’ouvre désormais aux compteurs de faible puissance, à partir de 3 kVA. Jusqu’ici réservée aux abonnements plus costauds, elle permettait déjà à des millions de foyers de programmer leur recharge la nuit pour payer moins cher. Elle devient accessible à des logements plus modestes, où une recharge lente sur une prise pilotée aux bonnes heures change la donne.
Le TURPE reste indexé chaque année sur l’équilibre des comptes d’Enedis et de RTE. Un hiver doux se paie toujours l’été suivant.
Source : Automobile Propre