BMW remet en scène un nom qui a marqué son histoire récente, mais dans un registre totalement différent. Et on peut affirmer que c’est du très lourd !
La nouvelle i3 n’a plus rien à voir avec la citadine avant-gardiste lancée il y a une décennie. Cette fois, elle incarne la version 100 % électrique de la Série 3, pilier du constructeur bavarois depuis plus de cinquante ans. Présentée à Munich lors d’une première dédiée au design, elle dévoile déjà l’essentiel de sa silhouette et de sa philosophie.
Le choix de réutiliser l’appellation i3 n’a rien d’anecdotique. À l’époque du programme « Project i », BMW avait tenté une approche radicale avec une architecture spécifique et une structure en fibre de carbone. Ce modèle compact avait divisé, autant par ses choix techniques que par son style. Aujourd’hui, la marque s’appuie sur cet héritage pour légitimer une nouvelle étape, en affirmant avoir pris de l’avance sur ses concurrents allemands dans l’électrique.
En 2026, la i3 devient une berline familiale, positionnée au cœur de la gamme. BMW insiste sur la continuité avec l’ADN de la Série 3, souvent présentée comme l’expression la plus pure de la marque. L’enjeu est donc tout autre que celui de la première i3 : il ne s’agit plus d’expérimenter, mais de convaincre un large public habitué à des standards élevés en matière de conduite et de finition.
Un design familier qui assume la rupture électrique
Au premier regard, la nouvelle i3 reprend les grandes lignes du concept « Vision Neue Klasse » dévoilé en 2023, tout en les adaptant à une production en série. Les proportions restent typiquement BMW, avec un long empattement, des porte-à-faux réduits et des ailes marquées qui donnent une posture bien ancrée sur la route. Mais, même si cela reste personnel, on ne vous cache pas qu’on trouve cette nouvelle i3 absolument superbe !
Les évolutions par rapport au concept sont mesurées. Les lignes apparaissent légèrement adoucies, notamment au niveau du pavillon et des surfaces vitrées. Certains éléments plus expérimentaux ont disparu, comme le splitter avant en plastique recyclé. À la place, on retrouve des solutions plus conventionnelles, avec une entrée d’air intégrée sous la plaque d’immatriculation.
La face avant joue un rôle central dans l’identité visuelle. Les optiques et la calandre forment un ensemble cohérent, avec une signature lumineuse qui évoque les modèles thermiques tout en introduisant une nouvelle lecture. À l’arrière, les feux horizontaux s’étirent vers le centre du véhicule, renforçant la largeur perçue. L’intérieur s’inscrit dans la même logique. BMW introduit son Panoramic iDrive, un bandeau d’affichage qui s’étend à la base du pare-brise. L’écran central adopte une forme légèrement trapézoïdale, tandis que le volant affiche un design inédit. L’ensemble reste orienté vers le conducteur, fidèle à l’esprit de la Série 3, tout en intégrant les codes numériques attendus sur un modèle de 2026.
Une fiche technique qui change d’échelle
Sous la carrosserie, la rupture est bien plus nette. La i3 repose sur la plateforme Neue Klasse, pensée dès le départ pour l’électrique. BMW y introduit une architecture 800 volts et de nouvelles cellules cylindriques intégrées directement dans le pack batterie.
La version présentée, baptisée i3 50 xDrive, associe deux moteurs pour une transmission intégrale et une puissance de 345 kW. Le couple atteint 645 Nm, avec une gestion électronique centralisée via un système baptisé « Heart of Joy », capable de traiter les données liées à la dynamique du véhicule avec une rapidité nettement supérieure aux générations précédentes.
Le choix des motorisations illustre une approche hybride dans le monde de l’électrique. À l’arrière, BMW utilise un moteur synchrone à excitation électrique, optimisé pour le rendement. À l’avant, un moteur asynchrone vient compléter l’ensemble, plus compact et plus économique. Dans la pratique, un seul moteur fonctionne la plupart du temps, ce qui limite l’impact sur l’efficacité globale.
L’autonomie annoncée attire particulièrement l’attention. BMW évoque jusqu’à 900 kilomètres en cycle WLTP, un niveau rarement atteint dans cette catégorie. Ce résultat s’explique en partie par une batterie estimée à 108 kWh, similaire à celle du iX3, mais aussi par un travail approfondi sur l’aérodynamique et la gestion énergétique. Sur la recharge, la i3 pourrait atteindre une puissance maximale de 400 kW en courant continu. Dans des conditions optimales, il serait possible de récupérer environ 400 kilomètres d’autonomie en une dizaine de minutes. Ce positionnement place la berline dans le haut du marché, face à des modèles comme la future Mercedes Classe C électrique ou certaines déclinaisons de la CLA.
BMW mise également sur la recharge bidirectionnelle, avec des fonctions permettant d’alimenter des équipements externes, un logement ou même le réseau électrique. Ces usages commencent à se structurer en Europe et pourraient devenir un argument différenciant dans les années à venir.
Au-delà des chiffres, la marque insiste sur le plaisir de conduite. La i3 doit rester une vraie Série 3 dans son comportement, avec une direction précise et un équilibre travaillé. Une version break, baptisée Touring, est déjà confirmée, signe que BMW prépare une gamme complète autour de cette nouvelle base électrique.
