La future berline sportive électrique Mercedes-AMG va émettre un son de V8

Mercedes-AMG accélère sa transition vers l’électrique, mais la marque allemande ne semble pas prête à tourner totalement la page de son héritage thermique.

Le préparateur de Stuttgart travaille actuellement sur une berline sportive 100 % électrique destinée à rivaliser avec la Porsche Taycan. Sur le papier, cette future AMG promet des performances très élevées, mais aussi une approche inhabituelle pour une voiture électrique.

L’idée défendue par Mercedes-AMG consiste à concevoir une électrique capable de procurer des sensations proches de celles d’un modèle thermique. Pour cela, les ingénieurs ont intégré plusieurs éléments qui cherchent à recréer certaines caractéristiques familières aux amateurs de la marque, comme une sonorité de moteur V8 simulée ou même des passages de rapports artificiels. Ce projet s’appuie sur le concept-car Mercedes-AMG GT XX, qui donne un aperçu de ce que pourrait être la future berline sportive électrique du constructeur. Si la version de série ne reprendra pas nécessairement toutes les caractéristiques du prototype, les grandes lignes technologiques semblent déjà bien définies.

Une électrique conçue pour glisser et se piloter comme une AMG

Lors de démonstrations organisées sur glace, Mercedes-AMG a mis en avant un élément central du projet : la capacité de cette voiture électrique à offrir un comportement dynamique très modulable. La marque montre notamment à quel point il est facile de placer l’auto en dérive contrôlée, un exercice qui fait partie de l’ADN des modèles AMG les plus sportifs.

Ce résultat repose en grande partie sur une architecture technique inhabituelle. La voiture utilise trois moteurs électriques, avec un moteur dédié à chaque roue arrière et un autre à l’avant. Cette configuration permet un contrôle extrêmement précis de la répartition du couple, bien plus fin que sur une transmission intégrale classique à deux moteurs. Grâce à ce dispositif, les ingénieurs peuvent moduler la puissance roue par roue sur l’essieu arrière. Le système ajuste en permanence la distribution du couple afin d’optimiser la motricité ou, au contraire, favoriser une légère dérive lorsque le conducteur le souhaite. Le résultat se rapproche d’un système de torque vectoring très sophistiqué.

Sur le même sujet :  Alors que la première version à peine sortie est un carton commercial, BMW lance déjà un iX3 moins cher

Les moteurs eux-mêmes utilisent une technologie particulière appelée flux axial. Ce type de moteur présente l’avantage d’être plus compact tout en offrant une densité de puissance élevée. L’objectif est double : limiter l’encombrement tout en délivrant des performances très élevées.

Le concept AMG GT XX annonçait une puissance cumulée de 1 341 chevaux, soit environ 986 kilowatts. La version de série pourrait dépasser les 1 000 chevaux afin de se positionner face aux variantes les plus puissantes de la Porsche Taycan. En revanche, elle devrait rester en dessous des chiffres annoncés par la Xiaomi SU7 Ultra, dont la puissance dépasse 1 500 chevaux.

La stratégie d’AMG ne repose toutefois pas uniquement sur la puissance brute. La marque cherche surtout à proposer une voiture dont le comportement peut être largement personnalisé selon le style de conduite et les préférences du pilote.

Un système inédit pour régler le comportement de la voiture

Pour y parvenir, Mercedes-AMG a développé un nouveau système de gestion dynamique baptisé AMG Race Engineer. Cette interface permet d’ajuster plusieurs paramètres clés qui influencent directement le comportement du véhicule.

Trois réglages principaux sont accessibles au conducteur. Le premier, appelé Response Control, agit sur la manière dont les moteurs réagissent à l’accélérateur. Selon le niveau choisi, la réponse peut devenir plus progressive ou plus immédiate. Le second réglage, Agility Control, intervient sur l’équilibre dynamique de la voiture. Il permet notamment de modifier la vivacité autour de l’axe vertical, ce qui influence directement la facilité avec laquelle l’auto peut pivoter et entrer en dérive. Les conducteurs les plus expérimentés pourront ainsi augmenter volontairement le niveau de survirage. Le troisième paramètre concerne le contrôle de traction. Celui-ci propose neuf niveaux différents et détermine la quantité de patinage autorisée aux roues. Plus le niveau est permissif, plus la voiture laisse de liberté au conducteur pour exploiter la limite d’adhérence.

Sur le même sujet :  "Une autonomie hors normes !" Ce nouveau test montre que la Porsche Taycan 2025 est vraiment taillée pour les grands trajets autoroutiers

Ces réglages sont accessibles via des commandes physiques rotatives installées dans l’habitacle. Mercedes-AMG a volontairement évité de passer uniquement par l’écran tactile afin de permettre des ajustements rapides en conduite, sans détourner le regard de la route.

Ce degré de personnalisation vise à tirer parti des possibilités offertes par le groupe motopropulseur électrique. Avec trois moteurs indépendants, le système peut ajuster la puissance avec une précision bien supérieure à celle d’une transmission intégrale traditionnelle.

Mercedes-AMG revendique aussi une démarche plus émotionnelle. Les ingénieurs ont travaillé sur une sonorité artificielle qui reproduit l’ambiance sonore d’un V8. Le conducteur pourra également simuler des passages de rapports, une fonction destinée à recréer certaines sensations associées aux modèles thermiques de la marque.

L’objectif consiste à rapprocher l’expérience de conduite d’une AMG thermique tout en exploitant les capacités spécifiques de l’électrique. Cette approche pourrait séduire les amateurs de conduite sportive qui restent attachés à certains repères mécaniques.

Auteur/autrice

Laisser un commentaire